Peu nombreux sont les films parlant de certaines minorités, abordant des sujets aussi sensibles que l’homosexualité. Chose que fait le film A Girl at my door de July Jung (2014) tout en subtilité. A aucun moment il n’est dit clairement le sujet dont résulte le film, la réelle raison qui fait de l’histoire ce qu’elle est vraiment. Seuls des indices sont donnés tout du long, faisant passer ce long métrage pour un drame social, faisant tout pour cacher le réel but de cette “dénonciation”.

Crédit : Bande annonce du film, Bandes Annonces cinéma

Une dénonciation subtile des méfaits de la société

 

Le plot nous parle déjà d’une affaire minoritaire de base, une femme policier qui se retrouve mutée dans une petite ville côtière pour une raison un peu floue mais dont le spectateur se doute : ses convictions, la différence par rapport à ses préférences sexuelles. Le fond met en place le soucis de la société par rapport aux minorités : comment sont vus les homosexuels ? Comment sont vu les migrants ? Et aussi le problème de l’alcoolisme.
Doona Bae incarne parfaitement le personnage évincé par ce qui lui arrive, ne voulant plus se battre car cela devient trop compliqué mais cela est très vite remis en cause lorsqu’elle rencontre une petite fille : Dohee qui est maltraitée par son père. Car cela est bel et bien le problème principal de ce film : comment va-t-elle se lier d’amitié avec cette fillette et pouvoir l’aider ?

Alors que le personnage de Young Nam tombe dans une spirale infernale, à remplir ses bouteilles d’eau de soju et le boire à longueur de journée, elle va tout de même prendre à coeur tous les problèmes liés aux minorités. Quitte à ne pas être prise au sérieux étant donné que c’est une femme, homosexuelle, qui a été destituée de son précédent poste. La manière de filmer beaucoup trop réaliste nous laisse dans un doute total quant à l’issue que va prendre le film. Nous ne sommes pas sûrs de cela, tout est dénoncé mais des solutions seront-elles envisagées ?

Une violence morale saisissante

 

Le cinéma coréen reste d’une simplicité en ce qui concerne le cadre, une lumière simple avec une teinte souvent ombragée dans l’image. Cela nous donne un rendu plus réaliste des événements, sans entrer dans une psychédélique de couleurs. Ce rendu nous permet de montrer les différences, les problèmes d’une façon plus concrète d’une façon la plus sérieuse que possible : plaçant ce film en tant que social.
Cette violence se voit non seulement par le personnage de Dohee, même si les plans ne montrent pas forcément les coups portés, les traces sont bels et bien là, la caméra ne laisse en aucun cas passer le fait que son corps tout entier est meurtri de coups. Mais cela est également moral car cette fille se retrouve seule dans son problème, aucune personne de sa famille ou du village ne l’aident.
Tout ces méfaits sont apparentés à montrer le regard de la société, ce qui peut pousser certains au suicide. Tout est passé sous silence mais nous le savons grâce à la caméra qui prend la place d’un témoin.

Crédit : image du film, hancinema.net

L’alcool, ce fléau de tous les temps

Comme énoncé précédemment, nous avons grâce à ce film une approche plus approfondi sur les méfaits de l’alcool en Corée du Sud. Il est en effet intéressant de pouvoir remarquer qu’en plus de la solitude dans laquelle cela laisse Young Nam, à marcher comme un robot et faire des gestes du quotidien comme si c’était une habitude cela est également un problème devenu commun. Elle n’est pas la seule à en faire usage, même si le sien est très grand : nous pouvons par exemple souligner cela avec la scène du supermarché dans laquelle nous voyons le caissier passer les bouteilles de soju les unes après les autres sur le tapis de caisse. Le père de Dohee est l’autre exemple le plus flagrant, de ce que cela peu donner : aller jusqu’à des actes répréhensibles sur lesquels il est difficile d’avoir des preuves. Mais également la mort de la grand-mère de Dohee au bord de mer…
Ce film bien en plus de raconter une histoire ne laisse pas de côté les côtés néfastes qu’il pourrait avoir dans toute société.

Cependant ce n’est pas un film à regarder si vous voulez de l’action, tout simplement car A Girl at my door s’apparente totalement au film social. Quelques longueurs pourraient être à prévoir selon les attentes que l’on peut avoir.