La Pop coréenne est un courant musical mais aussi culturel sur lequel le gouvernement sud-coréen mise beaucoup pour exporter la culture et les mœurs sud-coréennes dans tout l’Asie et au delà des frontières de l’Asie. Et le pari est réussi puisque la « Vague Hallyu », autre nom pour la dite « K-pop » ou pop sud-coréenne, s’étend depuis plus de 15 ans désormais.

L’ancrage de la Pop  en Corée du Sud ?

Source SISTAR, groupe féminin de la StarShip Entertainment, habillées pour la fête du Chuseok.

Source SISTAR, groupe féminin de la StarShip Entertainment, habillées pour la fête du Chuseok.

Après la guerre de corée (1950-1953) qui sépara le pays en deux entités, alors que la Corée du Nord se montrait prospère, ce fut une autre histoire au Sud. Les ravages de la guerre étaient très présents.

Un gouvernement se construit et impose une politique dure et sévère. Il faut tout reconstruire. Alors on pousse la population à se relever et à construire vite. D’où une expression que beaucoup qui s’intéressent de près ou de loin à la Corée ont déjà entendu «빨리 빨리 » (« Ppalli Ppalli ») qui signifie Vite vite. En une trentaine d’années le pays voit la capitale grandir et s’épanouir, et la première étape pour s’ouvrir au monde extérieure se présente grâce aux Jeux olympiques de 1988. Tout le pays est en émulsion et le gouvernement se durcit pour que tout soit beau et magnifique pour attirer un tourisme qui pourrait se montrer prospère au pays.

Source Affiche des Jeux Olympiques de Séoul en Corée du Sud de 1988

Source Affiche des Jeux Olympiques de Séoul en Corée du Sud de 1988

Une fois cette première étape acquise, le pays est désormais connu. Mais pas assez pour grandir économiquement aux côtés du Japon, grande puissance économique.
On réfléchit et la Corée du sud décide de miser sur la culture mais surtout la musique.
Bien qu’avec l’arrivée des armées américaines lors de la guerre de Corée ou lorsqu’elles sont restées par la suite, la musique était durement censuré, représentant un danger de rébellion aux yeux du gouvernement alors au pouvoir à cet instant-là.
Ayant eu des présidents issus de branche militaire et souvent vu comme des dictateurs depuis 1948, tout change lors de l’élection du premier président civil en 1993.

 

Seo Taiji and Boys avec leur premier tube « 난 알아요 » en 1992.

Tout commence à avancer. Et la musique reprend ses droits. Ce sont dans les années 90 que les premiers groupes dit Boysbands apparaissent comme Seo Taiji and Boys en 1992. La musique et la danse se mélangent et provoquent un nouveau courant en Corée du Sud : la Pop.
Les paris sont lancés. Le phéomène se développe. Les trois grandes agences de divertissement en Corée du Sud s’installent, SM Entertainement en 1995, YG Entertainment en 1996 et la JYP Entertainment en 1997.

Pourquoi un tel engouement pour la Pop coréenne ?

Girl’s Generation (SNSD), groupe féminin de la SM Entertainment avec leur titre « The Boys ».

Voulant rivaliser avec la Pop Japonaise, la Corée investit dans la création de multiples talents et surtout de la combinaison du chant et de la danse. Des chorégraphies millimétrées et synchronisées à la perfection pour un visuel parfait sur des chansons aux sonorités attirantes tout en gardant des voix de qualité en fond, la Corée du Sud a trouvé le bon filon.
Et ils n’en restent pas là puisqu’ils jouent aussi sur un effet marketing et une visibilité sur les réseaux sociaux, sur les chaînes coréennes et sur Youtube.
Beaucoup de groupes sud-coréens sont plus vus que les clips de stars américaines. Nous pouvons mentionné BigBang avec leur titre « Fanstatic Baby » sorti il y a 4 ans avec 237 000 000 vues environ tandis que Lady Gaga avec son titre « Paparazzi » s’en sort avec 163 000 000 vues environ.

Source Visuel de l'Album Pink Tape des F(x), groupe féminin.

Source Visuel de l’Album Pink Tape des F(x), groupe féminin.

Les sud-coréens s’adaptent aussi rapidement. Alors que dans les années 90, on écoutait beaucoup de nos chansons favorites en cassette, pour évoluer avec l’écoute de CDs, aujourd’hui ce sont les téléchargements en ligne qui sont à la tête des choix des fans. Pourtant, la Corée du Sud ne perd pas le nord et joue une qualité de fer sur le marketing de leurs groupes. De plus, l’originalité est toujours au rendez-vous. Et forcément les fans, eux, perdent le nord de tant de merveilles. La tentation est telle qu’il est parfois difficile d’y résister. Le pari est tenu.